Rapport Spinetta, un peu plus d’abandon des territoires ?

Jean-Cyril Spinetta a remis, le 15 février un rapport au gouvernement qui préconise de profondes réformes de la SNCF. Transformation en société anonyme, fin du statut de cheminot à l’embauche, ouverture à la concurrence, suppression des petites lignes … C’est sur ce dernier point que je souhaite souhaite réagir dans un premier temps.

Pour M. Spinetta, il faut « recentrer le transport ferroviaire sur son domaine de pertinence : les transports du quotidien en zone urbaine et périurbaine et les dessertes à grande vitesse entre les principales métropoles françaises ». Le rapport n’est pas tendre avec les « petites lignes », des lignes «peu utilisées et héritées d’un temps révolu » et « leur pertinence économique pose question. Voilà les jalons sont posés et la traduction est simple : il faut fermer toutes les petites lignes.

Les rapporteurs ont-ils seulement pensé, envisagé, que supprimer ces petites lignes, des milliers de kilomètres de voies ferrées, annoncerait l’abandon complet de l’irrigation du territoire ? Ont-ils imaginé les répercussions sur certaines grandes lignes, par exemple l’emblématique Toulouse-Limoges-Orléans-Paris, si on supprime les lignes secondaires qui viennent s’y greffer ?

M Spinetta l’assure, il n’est pas question d’investir moins, mais d’investir mieux. Cela tombe bien car pour beaucoup de ces petites lignes, il est évident qu’il y a eu un entretien insuffisant et une modernisation oubliée. Investir mieux, pour l’avenir, serait d’investir dans l’électrification de certaines lignes mais aussi, et surtout, dans le développement des nouvelles alternatives comme par exemple la locomotive à hydrogène qui peut circuler sur des voies non électrifiées. Investir mieux, serait de réfléchir à une meilleure utilisation du ferroutage.

Dans le rapport Spinetta, il y a des choses qui peuvent se discuter mais supprimer les petites lignes accentuerait l’abandon des territoires. Il vaut mieux essayer de rendre ces petites lignes plus efficaces, plus au service des citoyens, plutôt que de les supprimer. Il y a des enjeux d’aménagement du territoire qui sont considérables.

Aménagement qui sera aussi tributaire de l’ouverture à la concurrence, début prévu dès 2019, des lignes TER et Intercités et qui prévoit des regroupements en lots. Plusieurs opérateurs devront répondre à un appel d’offres et celui retenu sera sur cette portion en situation de monopole. Monopole qui pourra lui permettre de supprimer des arrêts pour des raisons de rentabilités à court terme. Mais généralement aménagement du territoire et vision à court terme ne font pas bon ménage …

David Saforcada

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