La réforme du baccalauréat

Le gouvernement annonce une réforme du bac et propose déjà quelques pistes intéressantes pour 2021.

Ce baccalauréat, créé par Napoléon en 1808, a évidemment changé depuis deux siècles. Il s’est adapté aux évolutions sociétales et notamment à la démocratisation des études. Soucieux du respect de l’égalité et de l’accession à l’instruction publique pour toutes les classes sociales, les bonapartistes analysent avec soin les projets actuels concernant l’Education Nationale.

De bonnes pistes sont données par un ministre, Jean-Michel Blanquer, qui, décidément, sera dans la même veine que Victor Duruy ou Jules Ferry.

On regrettera que nos dirigeants évoquent en réalité plus les évaluations, les notes, les délivrances du diplôme, que le contenu même des cours ou l’organisation des études au lycée.

Peu nous importe que la dernière année soit appelée « Maturité ». Là n’est pas l’essentiel, même si le changement de vocabulaire se veut un tremplin pour l’enseignement supérieur, voulant signifier que le baccalauréat n’est surtout pas un terminus dans les études.

En revanche, nous soulignons l’intérêt que peut représenter le grand oral « pour se projeter vers l’enseignement supérieur » pour des jeunes de 18 ans. Beaucoup trop de lycéens, d’étudiants et plus tard d’adultes ont du mal avec l’oral. Pourtant, la communication orale est fondamentale dans la vie quotidienne. Entretiens de stage, d’embauche, concours, négociation, discussion, argumentation, relations avec les autres, dans la famille, avec les amis, les collègues, la hiérarchie… tout se fait par la parole. Or, les Français ne sont que très rarement formés à cette forme de communication. Le grand oral sur plusieurs matières, ou sur un projet mené depuis la classe de Première, devant un jury composé de plusieurs personnes devrait aider à développer cette méthode incontournable. Il sera néanmoins nécessaire de donner des cours et des exercices durant les années de lycée. Sinon, l’évaluation ne sera que fictive, en dehors des réalités.

Les lycéens pourront désormais choisir une partie de leur formation et ainsi se spécialiser fortement afin de préparer au mieux leur avenir, estudiantin et professionnel. Les lycéens pourront choisir parmi onze « spécialités » : écologie, agronomie et territoires ; mathématiques ; physique-chimie ; numérique et sciences informatiques ; sciences et vie de la Terre ; histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques ; sciences économiques et sociales ; sciences de l’ingénieur, humanités, littérature et philosophie, langues et littérature étrangère, arts. Ils pourront changer de spécialités entre la Première et la Terminale, en concertation avec leurs professeurs. Certes, il ne faudra pas négliger certaines matières indispensables. Certes, il sera nécessaire de réformer certains cours, de les rendre plus ambitieux, plus formateurs, plus concrets. Mais dans l’ensemble, ce qui avait déjà été initié par Victor Duruy sous le Second Empire, pourra être poursuivi.  Il est essentiel que les bacheliers disposent à la fois d’un fort socle commun mais aussi d’options susceptibles de les aiguiller dans leur futur emploi, d’options où ils pourront exceller et s’épanouir : latin, grec, sport, une troisième langue vivante, ainsi que droit et grands enjeux du monde contemporain, mathématiques expertes, mathématiques complémentaires.

Quant au contrôle continu, il peut aussi avoir de bons aspects. Les épreuves doivent subsister. Ce n’est pas en abolissant les notes ni même en multipliant les contrôles continus que l’on formera au mieux nos enfants. C’est au contraire en les faisant affronter la réalité. Mais s’appuyer en partie sur un travail régulier, sur des notes sur plusieurs années, ne peut qu’inciter les lycéens à assurer un travail quotidien. Il faudra néanmoins harmoniser les méthodes d’évaluation.

Il reste bien des chantiers dans l’Education Nationale. La sélection des étudiants, mot resté tabou dans la sphère universitaire, devra être assurée pour la réussite des meilleurs et la bonne orientation de ceux qui ne voient dans les facultés qu’un droit qu’on doit leur accorder.

Le plus inquiétant, au-delà de ces actuelles annonces, est le sort des réformes envisagées. L’ambition est louable. Il ne reste plus qu’à concrétiser. La chose n’est pas aisée dans un milieu souvent fermé et réfractaire à tout changement.

Thierry Choffat

 

 

 

 

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