140ème anniversaire de la mort du Prince Impérial

Nous sommes le 10 juillet 1879. Bien qu’un parfum d’été enivre déjà l’Angleterre, c’est hélas une journée grisâtre et terne qui se profile. Au loin, le cercueil où repose le corps sans vie d’un jeune soldat tué sous le drapeau de la Couronne s’avance. Les honneurs militaires résonnent dans toute la capitale, et même au-delà des frontières du pays. Et pour cause. Ce corps éteint, meurtrit par la férocité d’une bataille finale, n’est autre que celui du Prince Impérial, Napoléon Eugène Louis Jean Joseph Bonaparte, fils unique de Napoléon III et d’Eugénie de Montijo.

Au-delà de cette tragique disparition à seulement 23 ans, les Français – largement émus et affligés par cette nouvelle inattendue – s’associent dans le même temps à l’émotion des bonapartistes. En effet, ce sont également tous les espoirs de voir un jour la magnificence de l’Empire restaurée, qui se perdent dans un maelström où aucun réconfort ne saurait apaiser cette peine.

Quelques semaines auparavant, le 1er juin 1879, le Prince Impérial se retrouva au cœur d’une scène funeste, où même la plume d’Euripide n’aurait pu émouvoir autant.

Ne pouvant combattre sous le drapeau Français, écarté par une loi d’exil, le fils du dernier Empereur des Français avait décidé de rejoindre l’armée britannique, bien que sa mère l’eût suppliée d’y renoncer. A cela, le jeune Prince répondit vaillamment : « Quand j’aurai fait voir que je sais exposer ma vie pour un pays qui n’est pas le mien, on ne doutera plus que je sache la risquer mieux encore pour ma patrie ».

Escorté par des soldats britanniques, l’héritier impérial se retrouva pourtant seul face à de nombreux adversaires, dont l’issue du combat ne pouvait s’achever en sa faveur. Pourtant, le Prince impérial, à l’heure de livrer son ultime bataille, fit preuve d’un immense courage. Il fit face à ses ennemis, engageant l’assaut alors que ceux qui l’accompagnaient tentaient une fuite inespérée. Son corps mutilé tomba à terre, où il rendit son dernier soupir.

Lors de la cérémonie funèbre, sobrement célébrée le lendemain du drame aux encablures du camps anglais dans ces terres brulantes d’Afrique, le journaliste Paul Deléage écrira ces mots : « […] Pour moi, qui, seul dans ce triste cortège, avais le privilège civil de marcher tête nue, en voyant à notre passage le drapeau de l’Angleterre se courber lentement jusqu’au sol en signe de salut royal, devant ce cadavre qu’enveloppait le drapeau tricolore, je songeai combien auront à se repentir ceux dont les outrages poussèrent ce malheureux prince à faire preuve de virilité et de force, même au prix de son sang, alors que l’Histoire saura dire que, sur cette terre lointaine, le dernier des Napoléon sut encore faire honorer, par sa mort même, le drapeau français […] »

Nous sommes aujourd’hui le 1er juin 2019. Cela fait déjà 140 ans que le cœur du Prince Impérial a cessé de battre. Pourtant, le combat bonapartiste n’a jamais failli, et aujourd’hui nous nous rappelons. Au-delà même du souvenir, nous nous regroupons pour honorer la mémoire de ceux qui nous ont montré la voie. Cette année, le Souvenir Napoléonien n’est pas resté dans l’attente, mais a proposé la découverte d’un lieu singulier en plein de cœur de Paris.

Christian Bourdeille, Président de l’association était accompagné de Christopher Destailleurs, porte-drapeau, mais également de nombreux adhérents et représentants d’autres associations Napoléoniennes en l’Église Notre-Dame de Clignancourt. Une somptueuse gerbe de fleurs fut déposée aux pieds de la statue de la Vierge-Marie tenant dans ses bras un enfant. Les napoléoniens et les bonapartistes auront certainement remarqué que les traits de la première ressemblent étrangement à l’Impératrice Eugénie, et l’enfant au Prince Impérial.

Et pour cause, il convient ici de rappeler qu’en 1863, c’est un décret impérial qui crée la nouvelle paroisse dont l’église est dédiée à Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Clignancourt.

Son coût est d’environ de 800.000 francs de l’époque. C’est la cassette personnelle de l’Empereur Napoléon III qui financera le projet. Quant à l’impératrice Eugénie, elle offrira une partie du mobilier.

Sous la Commune, l’église est saccagée, une partie de son mobilier disparaît.

Ayant à cœur de faire connaître ce lieu à l’architecture magnifique et au passé intrinsèquement lié au Second Empire et au règne de Napoléon III, nous nous sommes inclinés en l’honneur du Prince Impérial mort au combat à l’âge de 23 ans loin de sa patrie.

Après ce recueillement, une messe a été célébrée en son honneur en l’église Saint-Augustin, organisée par l’association “Les Amis de Napoléon III”, en présence de David Saforcada, Président de France Bonapartiste et d’Adeline Guibert, déléguée nationale.

Le prêtre a tenu à rappeler l’engagement de Son Altesse Impériale pour une France progressiste, comme héritier de son Histoire et dans la continuité des règnes de Napoléon Ier et de Napoléon III, qui ont apporté l’Ordre, le Progrès, mais également une souveraineté tant populaire que nationale.  

Pour couronner cette journée impériale, Christian Bourdeille a tenu à faire découvrir un lieu atypique, à quelques pas de l’église, prenant la forme de vestiges apposés sur un collège Parisien, où l’on pouvait y lire les mots de « République Française » au-dessus d’un « N » Napoléonien.

Les mots “République Française” et un “N” napoléonien sur le même fronton d’un établissement public, ça vaut le détour !

*Nous remercions notre fidèle adhérent Claude Trannet pour les photos. *

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