Ça s’est passé un 15 décembre…

Le mois de décembre est un peu particulier pour les Bonapartistes.

D’une part avec Napoléon Bonaparte : le 02 décembre, nous rendons hommage tant au Sacre de l’Empereur Napoléon Ier qui a eu lieu dans la cathédrale Notre Dame de Paris en 1804, mais également à cette célèbre bataille d’Austerlitz vaillamment remportée en 1805. L’Empereur des Français a alors eu ces mots : « […] Soldats, lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et la prospérité de votre Patrie sera accompli, je vous ramènerai en France. Là, vous serez l'objet de mes plus tendres sollicitudes. Mon peuple vous recevra avec joie et il vous suffira de dire "J'étais à la bataille d'Austerlitz" pour qu'on vous réponde "Voilà un brave !". »

D’autre part avec Louis-Napoléon Bonaparte : le 10 décembre 1848, il devient le premier président de la République française, en remportant l’élection avec plus de 74 % des voies en sa faveur. Enfin, le 02 décembre 1851 sonne le Coup d’Etat légitimé par un plébiscite triomphant quelques jours plus tard.

Mais revenons vers cette date qui nous intéresse : le 15 décembre.

Proclamation de la Constitution du 22 Frimaire An VIII (15 janvier 1799)

Après le Coup d’Etat du 18 Brumaire de l’an VIII, Napoléon Bonaparte devient Premier Consul accompagné de messieurs Cambacérès et Lebrun. La Constitution du 22 frimaire consacre donc la période du Consulat, qui marque une rupture nette avec les constitutions précédentes par l’apparition d’une démocratie avec la mise en place du suffrage universel masculin.

Le pouvoir législatif est réparti entre quatre assemblées :

  • Le Sénat,
  • Le Tribunat,
  • Le Corps législatif,
  • Le Conseil d’Etat.

L’article premier de cette nouvelle constitution présente – comme aujourd’hui – une République indéfectible : « La République française est une et indivisible. - Son territoire européen est distribué en départements et arrondissements communaux. ».

Par une autorité forte elle définit également comment la nationalité française s’acquiert, mais également se perd : « Article 3. - Un étranger devient citoyen français, lorsqu'après avoir atteint l'âge de vingt et un ans accomplis, et avoir déclaré l'intention de se fixer en France, il y a résidé pendant dix années consécutives.

Article 4. - La qualité de citoyen français se perd : -Par la naturalisation en pays étranger ; - Par l'acceptation de fonctions ou de pensions offertes par un gouvernement étranger ; - Par l'affiliation à toute corporation étrangère qui supposerait des distinctions de naissance ; - Par la condamnation à des peines afflictives ou infamantes. »

On y retrouve bien évidemment la forme du gouvernement : « Article 39. - Le gouvernement est confié à trois consuls nommés pour dix ans, et indéfiniment rééligibles. - Chacun d'eux est élu individuellement, avec la qualité distincte ou de premier, ou de second, ou de troisième consul. - La Constitution nomme Premier consul le citoyen Bonaparte, ex-consul provisoire ; second consul, le citoyen Cambacérès, ex-ministre de la Justice ; et troisième consul, le citoyen Lebrun, ex-membre de la commission du Conseil des Anciens. - Pour cette fois, le troisième consul n'est nommé que pour cinq ans. »

Et bien évidemment, le peuple français reste la pierre angulaire de cette nouvelle Constitution : « Article 95. - La présente Constitution sera offerte de suite à l'acceptation du peuple français. »

15 décembre 1840 : Retour des cendres de Napoléon Ier

Depuis la monarchie de Juillet, le rapatriement du corps de l’Empereur Napoléon Ier sur le territoire national est évoqué dans les cercles politiques. C’est Adolphe Thiers, alors président du Conseil, qui parvient à convaincre Louis-Philippe de ramener en France les cendres de Napoléon qui reposaient sur l’ile de Sainte Hélène, depuis le 5 mai 1821. La malice de Thiers fut de faire croire au Roi que cette initiative redresserait son prestige. Dans un but de conversation de son influence, et dans une moindre mesure de se concilier avec la France sur la question de l’Orient , l’Angleterre accepte le transfert et ainsi de rendre le corps de Napoléon à sa patrie.

A la tête de cette expédition particulière figure un ancien général de l’Empire, qui a accompagné Napoléon à Sainte-Hélène, nommé Gourgaud. En collaboration avec le prince de Joinville – qui n’est autre que le fils du roi Louis-Philippe – c’est à bord du navire « La Belle Poule » qu’ils atteignent l’ile d’exil du Premier Empereur… près de vingt ans après son repos éternel.

Le 14 décembre 1840, la frégate arrive à Paris, et remonte la Seine en direction de Courbevoie, où d’anciens soldats effectueront une veillée toute la nuit. Le 15 décembre au cours d’une cérémonie populaire majestueuse, le char funèbre remonte les Champs-Elysées en passant devant l’œuvre merveilleuse qu’avait souhaité l’Empereur pour ses Soldats de la Grande Armée, qui n’est autre que le très célèbre Arc de Triomphe (de l’Etoile). Les cendres de Napoléon Bonaparte arriveront lentement mais sûrement aux Invalides. L’enthousiasme des millions de Parisiens, devenus dans une certaine mesure bonapartistes pour l’occasion, fut à son apogée.

Napoléon Bonaparte, Empereur des français, repose depuis en l’église Saint-Louis-des-Invalides, sous le Dôme des Invalides où son tombeau en est l’emblème national.

« Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé ».

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Le retour des cendres du Premier Empereur a fait naître une volonté pour les bonapartistes de voir également le retour sur le territoire national des cendres de la famille impériale du Second Empire, restées à ce jour en l’abbaye Saint-Michel de Farnborough en Angleterre. Ce retour des cendres serait conforme avec le testament du Prince Impérial même si dans l’esprit de tous les bonapartistes il est impossible de séparer l’Empereur, l’Impératrice et le Prince.

Christopher Destailleurs / David Saforcada