Le ton est donné d’entrée alors que le tout juste élu Président Macron arrive sur le son de l’Hymne européen, hymne à la joie de l’Allemand Beethoven et que son premier message présidentiel est de “remettre l’Europe en marche”: Ce Président, investi ou plutôt imposé par les puissants de ce monde,  basera toute sa politique sur la ligne de l’Union Européenne. Sa campagne n’a pas été pour la France et  les Français, pour notre  indépendance stratéqique et notre souveraineté, mais pour plus d’Union européenne.  Cette Union  Européenne pourtant rejetée par la plupart des électeurs qui se sont tournés vers l’extrême-droite et l’extrême gauche, exprimant ainsi leur malaise face aux effets de la mondialisation.

Macron insiste, alors qu’il avait promis que sa première visite présidentielle serait pour nos troupes aux Mali, il rompt sa parole et va en priorité chercher ses ordres à Berlin auprès de la chancelière Merkel.

Le Président de la commission européenne Jean-Claude Junker lui avait immédiatement dicté sa feuille de route; « Avec la France, nous avons un problème particulier… Les Français dépensent trop et ils dépensent beaucoup dans des domaines qui ne sont pas bons. Cela ne pourra pas perdurer».

En cas de déficit supérieur à 3% du PIB en 2018, la commission Européenne par la voix de Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et financières, a déjà fait savoir qu’elle n'aurait d'autre choix que de proposer des sanctions financières contre la France de 0,2 % du PIB, soit un peu plus de 4 milliards d'euros.

Pour répondre aux objectifs financiers de Bruxelles, le vassal de Bruxelles va s’atteler à la tâche en essayant de faire passer ses réformes internes très rapidement (Baisse des prestations chômage, Suppression du CDI, baisse du nombre de fonctionnaires, réformes des retraites etc…). Il envisage également de descendre la participation de l’état français dans DCNS, spécialiste de la défense navale, de 63% sous le seuil des 50%. Il souhaite ainsi se montrer « bon élève » avec une politique de dérégulation, d’austérité et de dépossession d’entreprises françaises stratégiques, espérant ainsi pouvoir convaincre Berlin d’avancer vers une fédéralisation de la zone euro.

Alors que le déficit commercial de la France est de 48,1 milliards contre un excédent de 252,9 milliards pour l’Allemagne, Macron souhaite négocier une contribution financière de l’Allemagne dans un budget européen commun. Ce budget commun servirait à créer un fond d’investissements franco allemand pour les infrastructures, un fond d’assurance bancaire et un fond pour le développement du numérique.

Pourquoi cet abandon social, ce manque de vision d’indépendance stratégique pour la France? Que de concessions désastreuses alors que la chancelière Merkel ne s’est nullement engagée, et de plus, alors que ces fonds seraient destinés à l’ensemble des pays de l’Union Européenne, la France n’est pas certaine d’en bénéficier.

Sur les autres questions de politiques étrangères, Macron est resté très vague d’autant plus qu’il est très peu expérimenté: banquier d’affaires et ministre de l’économie de 2014 à 2016, la politique étrangère n’était pas parmi des domaines d’expertise. Mais est-ce important pour lui puisqu’il compte sur la voix de l’Union Européenne. La France deviendra tristement aphone alors qu’elle dispose du 2ème réseau diplomatique mondial et qu’elle est également désormais la seule puissance nucléaire européenne suite au Brexit.

Que de mépris pour nos troupes, que d’indifférence pour la population, que d’insolence pour notre grand pays.

Avant de repenser la coopération franco allemande qui ne se ferait actuellement que dans un rapport de force faussé à cause de deux balances commerciales différentes, il faut penser un rééquilibrage économique pour relancer les exportations françaises. Ce rééquilibrage passe par une vision industrielle stratégique pour la France, ce qui  manque cruellement à Macron.

Pourtant la France dispose d’atouts considérables qu’il faut vouloir exploiter: par exemple elle est la 2ème puissance maritime mondiale par sa diversité et sa biodiversité, avec une flotte de commerce stratégiques bientôt adoptée et pourrait relancer son économie grâce au projet bonapartiste de “France sur Mer”.

Ceci sous entend croire en la souveraineté et refuser le pouvoir des multinationales…

Pas certaine que cela soit la volonté de ce Président.

Adeline Guibert, responsable aux questions étrangères France Bonapartiste