La maternelle doit être vue comme une école à part entière avec un rôle essentiel dans la socialisation, dans la construction de la personnalité et dans la mise en place des prérequis scolaires. Cela ne nécessite pas forcément une approche « bureaucratique » de l’apprentissage et les années de maternelles doivent être adaptées au public concerné. Il n’y a pas l’utilité de l’évaluation à tout prix.

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 L’école élémentaire a pour objectif principal d’inculquer les éléments premiers du savoir - Français, Mathématique, Histoire-Géographie, Sciences et Langues Vivantes - à tous les élèves. Elle poursuit également l’apprentissage des règles civiques commencé en maternelle, ainsi que le développement complet de l’élève qui passe par l’activité physique et sportive mais aussi les Arts.

 

Organisation des programmes

Il faut en finir avec l’organisation par cycles et mettre en place des programmes annuels par niveau. Ces programmes doivent avoir le double avantage de pouvoir être abordés et compris par les parents et d’apporter clarté, précision et rigueur sur un temps « court ».

 

Les rythmes scolaires

Il faut revenir sur la réforme des rythmes scolaires qui n’a en rien permis l’amélioration du système. Bien au contraire cette réforme a transformé des heures de classe en simples heures de garderie dans certaines écoles. D’autre part, cette réforme a creusé un peu plus les inégalités en instituant la territorialisation, tout comme elle a eu et a toujours un coût pour les communes et les parents.

 

Le redoublement

Il ne faut pas supprimer le redoublement qui peut être une option pour des enfants qui présentent un retard important dans l’assimilation du programme ou bien qui ont un besoin d’un temps plus long.

 

Les RASED

Ceux-ci ont prouvé leur efficacité dans l’évaluation des difficultés de certains élèves tout comme de préparer les aides, voire même rééducation, nécessaires à un ou plusieurs enfants ayant les mêmes problèmes. Il faut donc revenir à un nombre acceptable de postes de RASED et leur donner les moyens de fonctionnement adéquats.

 

Les disciplines

Avant toute chose, il ne faut pas perdre de vue que la lecture et l’écriture sont les bases de tout et que leur apprentissage doit bénéficier d’horaires importants afin de permettre à tous les élèves de savoir lire et écrire en fin de CP.

ü Le Français : Il nécessite un temps important car de celui-ci découle le développement de la pensée des élèves. Lecture, écriture et études de la langue doivent être réparties de façon équilibrée. Cet équilibre et l’importance du Français nécessitent pour nous une augmentation du programme d’1 heure par semaine et ce pour tous les niveaux.

ü Les Mathématiques : Maitrise du calcul pour une meilleure résolution des problèmes doivent inciter à travailler simultanément les automatismes et la réflexion. Comme pour le Français, il faut voir à augmenter les heures d’enseignement entre le CP et le CE2 sur une moyenne de 30 minutes minimum par semaine.

ü L’Histoire-Géographie : Comme le Français, ces 2 matières participent grandement à la construction d’appartenance à la même communauté de destin. S’il ne faut pas introduire trop tôt son apprentissage, il faut revenir à des bases solides de l’Histoire de France s’appuyant sur la chronologie et sur les 4 grandes périodes. Pour ce qui est de la Géographie, celle-ci doit se concentrer sur la France et l’Europe.

ü Les Sciences : L’étude des Sciences doit s’organiser et s’harmoniser de l’apport de connaissances et de manipulation/découverte.

ü Les Langues Vivantes : Sans connaissance de la langue française il n’est pas possible pour nous de commencer l’apprentissage d’une langue étrangère. Il ne faut pas que celle-ci soit enseigné trop tôt et doit aussi, et surtout, bénéficier d’un apprentissage de qualité donc de professeurs des écoles formés en ce sens. Enfin, il ne faut pas que l’Anglais soit le seul bénéficiaire de cet enseignement.

ü Le Sport : L’instruction physique et sportive n’est pas à négliger car elle contribue au développement de l’enfant et lui permet aussi d’intégrer d’une autre façon les règles de vie.

ü Les Arts : Ouverture sur les autres et sur le monde, il faut y voir pour les plus jeunes un apprentissage. Ces matières qui œuvrent au développement de l’enfant ne doivent pas faire l’objet d’évaluation.

ü Le Numérique : Le Numérique doit être vu comme un objet et non comme une fin en soit. Son apprentissage ne peut se concevoir qu’à partir du moment où les écoles sont correctement équipées, Tableau Blanc Numérique, ordinateur pour tous les élèves, et les enseignants formés.

Cent cinquante ans après sa promulgation, la loi Duruy sur l'enseignement nous permet de rappeler quelques éléments forts de la vie politique sous le Second Empire.

1) Contrairement à ce que proclament trop souvent les historiens officiels ou les manuels scolaires, l'école moderne n'est pas fondée par Jules Ferry mais bien par Victor Duruy. Ce n'est pas la Troisième République qu'il faut louer mais bien Napoléon III pour l'évidente rénovation de l'instruction publique. En 1867, la loi Duruy rendait l'école primaire gratuite. Mieux, chaque commune de France avait l'obligation d'ouvrir et d'entretenir une école de garçons. Et chaque commune de plus de 500 habitants devait également ouvrir une école de filles. La gratuité et la laïcité de l'école publique, c'est bien à Napoléon III qu'on les doit et non à Ferry qui en réalité, n'imposa que l'obligation scolaire. Ce projet avait d'ailleurs été proposé par l'Empereur des Français et son ministre. La République a ensuite fait table rase du passé, oubliant tout ce qui avait été fait auparavant et réussissant à faire croire que toutes les mesures dataient de l'après 1871. De même, le certificat d'études n'est pas créé par Jules Ferry mais là encore par Victor Duruy. Comme pour la gratuité, le véritable initiateur est passé sous silence !

2) Loin d'être un bonapartiste par son origine ou par atavisme, Duruy est un républicain. Lors des élections présidentielles de 1848, il a voté pour le général Cavaignac et non pour Louis-Napoléon Bonaparte qui pourtant réunit les trois quarts des voix dès le premier tour. Cela n'empêchera nullement Napoléon III de faire appel à ses services. Pour l'Empereur, le plus important n'est pas dans les coteries, les clans ou les partis, mais dans la bonne volonté et l'initiative des individus. Peu importe que l'on vienne de la gauche ou de la droite, le bonapartisme rassemble toutes les énergies pourvu que l'on oeuvre ensemble pour le bien de la France et des Français.

3) Victor Duruy est l'un des exemples de ces personnalités fortes qui décident de rallier Napoléon III non pour de basses raisons personnelles, pour un vague poste de ministre, mais pour faire avancer les réformes. L'essentiel reste de mobiliser les Français autour d'ambitions pour le pays, afin d'améliorer le quotidien des habitants, dans tous les domaines, la politique sociale, l'économie, le logement, l'instruction... ainsi que pour sublimer la France et son aura dans le monde entier.

4) Un siècle et demi après cette loi Duruy, on s'aperçoit que les mêmes thèmes restent d'actualité, et en particulier la construction d'une école publique de qualité, ouverte à tous et permettant à chacun, quelles que soient ses origines sociales, de s'instruire. Au delà de cette éducation, les réformes apportées par Napoléon III demeurent bien vivantes, la laïcité, le droit de grève, la protection sociale, la retraite des fonctionnaires comme des salariés du privé...

En 2017, le bonapartisme reste une voie à exploiter !

Thierry CHOFFAT, vice-président de France Bonapartiste