Un président remontant les Champs Elysées en véhicule militaire le jour de son investiture, rendant visite aux blessés de guerre en privé, haranguant les soldats en OPEX à peine installé…  autant de signes, après les promesses de campagne, qui auraient pu donner un a priori favorable aux militaires d’active, de réserve ou en retraite envers le nouveau Chef des Armées.

Mais cela n’aura été que des images d’Epinal, qui n’auraient pas eu l’agrément de Philippe Séguin. Le respect ne s’acquière que peu, en général, il est ou il n’est pas. A devoir affirmer son autorité «  je suis votre chef », on ressentait de la fébrilité. Il est des chefs que l’on suit lorsqu’ils nous disent « suivez-moi », d’autres pour lesquels on hésite lorsqu’ils crient « en avant ».

Le Chef d’Etat-Major des Armées  (CEMA) de  vient de donner sa démission, avant la date de sa « convocation » par le Président de la République pour avoir exprimé l’avis de la grande muette là où il se devait, c’est-à-dire devant une commission ad hoc composée de Députés de la Nation, et jusqu’à ce que l’un d’entre eux (en mal de notoriété ?) fasse fuiter les propos du CEMA* auprès de la Présidence et de la Presse.

S’il est bien un Général qui ne fait pas de politique, c’est bien le CEMA de Villiers qui a pâti de la carrière de son frère, sans lequel il serait monté beaucoup plus vite.

Aujourd’hui le CEMA s’en va avec le soutien quasi unanime des militaires, sans parler de celui des Citoyens qui ne comprennent pas ce grave premier « couac » au sein de la Nation.

Il est donc remplacé par un Général, le général Lecointre, qui connaît bien le terrain, qui a été à de nombreuses reprises en OPEX, et pas des plus faciles comme le Rwanda ou bien la prise du pont de Vrbanja. Nous ne pouvons que lui souhaiter bonne chance dans la mission qui est la sienne aujourd’hui.

Il fera donc fonction ; espérons qu’il ne sera pas, et c’est paradoxal pour un militaire, « doigt sur la couture ».

 Conseil National Bonapartiste

*rappel : il s’agit l’un délit. Ce qui est dit en commission à huis-clos doit rester dans le secret  de celui-ci.

Grégory Baudouin est nommé, à compter de ce jour, Délégué Défense et Sécurité .

Ancien des Troupes Aéroportées, ancien de la Police Municipale de différentes villes "sensibles", membre de la réserve active, Grégory Baudouin est aussi président du Cercle Jean Moulin et membre de l'Association de Soutien à l'Armée Française.

D'autre part, il a exercé les fonctions de délégué national aux questions de sécurité au sein du MRC sous la présidence de Georges Sarre.

De part ses expériences professionnelles et associatives Grégory Baudouin a toutes les aptitudes pour apporter,à France Bonapartiste, l'analyse juste dans ces domaines et surtout proposer les solutions qui doivent être mises en place.

Une France indépendante et souveraine ne peut se concevoir que si elle possède une Défense digne du rang qu’elle veut tenir  dans le concert des nations. Pour ce faire, elle doit disposer d’un appareil militaire adapté aux défis qui se présentent. Défis aux frontières, à l’intérieur de celles-ci mais aussi partout dans le monde où la France peut être emmenée à faire entendre sa voix.

Partant de ce principe, il est urgent que l’effort de défense soit porté à la hauteur des besoins de la France. Depuis au moins 20 ans, l’Etat a négligé son appareil militaire et ce quel que soit la « couleur » du Chef de l’Etat et de son gouvernement. Les Français, dans leur majorité, attendent un discours de vérité sur les capacités du pays à se défendre et à assurer leur sécurité. Les divers engagements extérieurs mais aussi les attentats et l’Opération Sentinelle qui en découle, ont pu malheureusement leur faire constater depuis longtemps déjà les distorsions entre les discours et la réalité vécue par les armées sur le terrain. L’insuffisance des contrats opérationnels donnés aux armées, et donc celle des moyens comme des effectifs, apparaissent crûment à la vue de tous.

Le Président de la République, en 2015 et 2016, a été obligé de prendre quelques mesures, justifiées mais encore trop modestes, en actualisant la Loi de Programmation Militaire. Les mesures, sérieuses, à prendre doivent avoir pour objectif que le budget de la Défense permette aux armées d’accomplir leurs missions dans les meilleures conditions possibles. D’assurer le  recrutement d’un effectif suffisant. De permettre la réalisation des équipements, la continuité d’entraînement et d’entretien. Ceci, au profit d’hommes et de femmes qui ont vocation à défendre le pays et sa population et pour lesquels ceux-ci doivent manifester un souci constant de les voir servir et vivre quotidiennement dans le environnement social et matériel possible.

La France, avec ses « ambitions » de puissance mondiale, qui est membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et qui a signé un certain nombre d’accords de défense avec des pays étrangers doit jouir d’une autonomie d’appréciation de situation, de décision et d’action et doit pouvoir  développer l’ensemble des capacités militaires qui lui sont nécessaires.

Pour cela, il faut porter un véritable effort à la hauteur des besoins réels des armées. Cette remontée en puissance nécessite que l’effort de défense soit porté à hauteur de 2 % du PIB dès 2018 pour atteindre les 2,5 % en 2020 et les 3 % en 2025 au plus tard. Ces 3% sont le seuil minimum pour permettre d'éviter un effet néfaste sur les besoins des armées tel qu'évoqués plus haut.

David SAFORCADA